Séries, suites, variations - Aspects de la collection des arts plastique
Cycles d’estampes de la collection des arts plastiques de 1500 à aujourd’hui

L’exposition Séries, suites, variations et le catalogue qui l’accompagne, sont dédiés aux cycles d’estampes. Avec des suites gravées qui comptent parmi les chefs-d’œuvre de la gravure comme Los proverbios de Francisco Goya ou Les bohémiens de Jacques Callot,  cette exposition fait découvrir, dans leur diversité, des œuvres qui ont la particularité d’être composées d’une succession ordonnée de planches. Elle présente autant des maîtres anciens comme Dürer que des créateurs contemporains comme Sol LeWitt, de même que des artistes tels que Rembrandt et Van Dyck (17e s.), Piranèse (18e s.), François Daubigny (19e s.), Alfred Manessier et Aurélie Nemours (20es.), sans oublier, entre autres, les Neuchâtelois André Evrard et Olivier Mosset (20-21e s.).

Parfois complets, parfois lacunaires, les 26 ensembles présentés témoignent de la constitution de la collection d’estampes depuis le début du 19e siècle. Ils donnent un aperçu de la richesse de ce fonds peu connu (beaucoup d’œuvres sont exposées pour la première fois), mais dont l’importance dépasse les limites régionales.

A l’instar de Goya dont les œuvres les plus populaires sont des suites (Les désastres de la guerre se composent de 80 planches), ou de Jacques Callot dont l’essentiel de l’œuvre gravé se présente aussi sous cette forme, nombreux sont les artistes qui ont créé des cycles d’estampes, c’est à dire des œuvres composées de plusieurs planches dont le nombre peut varier de 2 à plusieurs dizaines, placées dans un ordre précis. Notre réflexion met en évidence de quelle façon chaque cycle contient en lui sa propre dimension narrative et/ou esthétique. Appelées généralement « suite », nous avons distingué trois approches différentes : la série, la suite et la variation. La série regroupe généralement des planches liées par un thème commun développé dans chacune de façon indépendante ; la suite est formée de planches induisant une progression narrative ou évolutive d’une image à l’autre ; enfin, la variation réunit les différentes phases d’un travail formel.

Selon les artistes, on retrouve ces trois notions appliquées de façon distincte, mais parfois aussi de manière à s’interpénétrer. Ainsi, à travers cette succession d’images, les graveurs nous livrent aussi bien un discours philosophique (Dürer) qu’une vision de leur temps tantôt impitoyable tantôt drôle (Callot, Goya, Bille), évoquent la variété d’un même type de paysage (Daubigny) ou le thème de Pâques (Manessier), ou encore déclinent les possibilités formelles du carré (Nemours).

L’exposition confronte également les époques et fait dialoguer des portraits d’homme illustres du 18ème siècle gravés d’après Van Dyck avec une vidéo intitulée Jeune fille sans date composée par Catherine Gfeller en 2008. Elle met aussi en regard différents développements de l’art abstrait qu’il soit lyrique (Manessier), concret (Nemours), minimaliste (Sol LeWitt) ou néo-géo (Mosset). De même, un thème comme la guerre révèle des affinités entre des artistes célèbres comme Callot et Goya mais aussi Edmond Bille et Aimé Montandon.

S’inscrivant dans les présentations périodiques des différents aspects de la collection des arts plastiques, l’exposition et son catalogue ont été conçus dans le cadre d’un projet de revalorisation du Cabinet des dessins et d’estampes. Le catalogue richement illustré est l’une des premières publications uniquement consacrée à un aspect de la collection d’estampes. Avec des textes de Lucie Girardin-Cestone, Carme Rodríguez-Pàmias et Walter Tschopp, il comporte des commentaires et parfois des éclairages inédits sur les œuvres elles-mêmes ainsi que sur l’histoire de la collection.

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