Depuis le début du 20e
siècle, de nombreux artistes médailleurs ont voulu s’affranchir des contraintes
de leurs commanditaires pour créer en toute liberté. Suivant des chemins
parallèles aux mouvements artistiques contemporains, ils ont réalisé des
œuvres singulières mais discrètes. Car la médaille d’art n’impressionne pas
d’emblée le spectateur. Elle exige qu’on prenne le temps de s’arrêter sur elle
et nous demande de l’accueillir dans la main, de toucher la douceur de ses
formes ou l’aspérité de son relief, de la soupeser et d’y faire jouer la
lumière. La médaille livre alors tout son message. Art autant tactile que visuel,
elle attend d’être tournée et retournée. De cette prise en main, de cette action
naît un contact intime, tout particulier, entre l’œuvre et le spectateur.

Odile Vuillemin, Les
reliefs de la couleur – Hommage à Nicolas de Staël, 2006
L’exposition
présentée à Neuchâtel veut vous faire découvrir cet art et ces artistes,
souvent trop réservés, dont une grande majorité vient de l’Arc jurassien. Un
jury international a primé des œuvres récentes suisses qui rendent bien la
diversité des démarches artistiques contemporaines. Une partie rétrospective
présente les créateurs qui ont marqué le développement de la médaille dans
notre pays, tout au long du 20e siècle.
Un secteur
plus historique retrace ensuite l’industrialisation de la médaille propre à
notre région et démontre les liens directs qui existent avec l’horlogerie et le
développement des écoles d’art. Il s’intéresse aussi à l’essor populaire de ce
support qui deviendra, au cours du 20e siècle, le moyen d’expression
privilégié du tissu associatif.
Enfin, le
parcours se termine par un hommage à la forme ronde et montre, à travers les
collections des quatre départements du musée, l’influence de la monnaie antique
et de la médaille Renaissance dans l’art européen.
Alors
laissez-vous surprendre, car peu d’œuvres d’art tiennent au creux de la
main !